Le commencement.

1789 Comment !

     Les Etats généraux de 1789 seront les derniers de ce que l’on appelle aujourd’hui : L’ancien régime.

     C’est après la réunion de l’assemblée des états du Dauphiné, que la noblesse et le parlement, « réclament » au roi qu’il convoque les états généraux à Vizille (Isère, près de Grenoble.) Ce n’est que le 18 décembre 1787 que Louis XVI promet de les convoquer dans les 5 ans.

     Début 1788, la noblesse, le clergé et le tiers, attendent, presque impatiemment, la tenue des états généraux, mais pour des raisons bien différentes les unes des autres. La noblesse, qui voudrait retrouver d’anciens pouvoirs, veut en finir avec la monarchie absolue. Le haut clergé, qui profite bien du système, préfère que rien ne bouge. Et le tiers, estime ne pas être suffisamment représenté. On ne peut pas faire abstraction de deux autres catégories de Français, qui sont peu ou pas représenté par l’un ou l’autre des 3 ordres. En premier, la bourgeoisie. S’étant enrichie en faisant du commerce ou de la finance et regardant vers la philosophie des lumières, aimerait bien avoir une égalité de traitement, et pouvoir accéder aux postes d’officiers ou à la fonction publique. Seulement, les origines « roturière » de cette bourgeoisie, bloquent son évolution. Et il y a la paysannerie. Une masse importante de Français, la plus pauvre, elle n’est pas représentée, mais s’appuie sur le tiers état. Ses récoltes sont fonction du temps. Elle est écrasée par les impôts. Elle réclame d’être : « allégée », d’avoir le droit de chasse, et d’autres choses encore…

     Tout ceci serait réalisable à l’occasion des états généraux, mais il faudrait 2 choses. 1) Que le tiers ait plus d’élus. 2) Que le vote se fasse par tête et non pas par ordre !

     En mai 1788, Grenoble est très agité. Les pluies laissent prévoir une mauvaise récolte. Le prix du pain monte. Les prix des aliments de première nécessité  augmentent. Les familles protestent auprès des parlementaires du Dauphiné. Ceux-ci font « remonter » les revendications jusqu’à Paris. Aucun succès ! La colère gronde de plus en plus, les Grenoblois se manifestent, parfois, avec violence. Le 7 juin 1788 le gouverneur du Dauphiné envoie la garnison pour réprimer les débordements. C’est une pluie de tuiles qui s’abat sur les soldats. En effet, les émeutiers sont montés sur les toits… Le 7 juin 1788 restera dans l’histoire sous le nom de : « La journée des tuiles. »

     Le 21 juillet suivant, les bourgeois et les juristes de la région Grenobloise, organisent : « l’assemblée de Vizille. » Ils réunissent 50 prêtres, 165 nobles et 276 représentants du tiers état. L’assemblée réclame la réunion des états généraux. Cette fois-ci, ils ont voté par tête ! Pas par ordre !

     Le baril de poudre était installé depuis des mois. L’assemblée de Vizille venait d’ajouter la mèche. Il ne restait plus qu’à l’allumer.

     Les finances catastrophiques et la situation dans tout le pays, obligent Louis XVI, le 8 août 1788, à convoquer les états généraux pour le 1er mai 1789.  Le 25 août 1788  Louis XVI se sépare de Brienne et rappelle Necker aux affaires. Il le nomme « directeur général des finances. » deux jours plus tard, Necker est titré : « ministre d’état. » Necker va tenter tout ce qu’il peut. En novembre, il réunit une assemblée de notables pour décider de quelle manière seront élus les députés : par ordre ou par tête ? et pour statuer sur le doublement de la représentation  du tiers. Les notables se prononcent défavorablement.

     Le 27 décembre1788, un décret royal annonce que l’unité électorale de base sera le baillage, et que les états généraux doivent réunir, au moins, 1000 députés. De faite, la double représentation est assurée pour le tiers. Il faut, aussi, savoir que les protestants peuvent être élus pour le tiers état. Il en résulte : pour la noblesse 270 députés, pour le clergé, 291 députés et pour le tiers, 676 députés.

(nota : Les chiffres que je donne là, ne sont pas exacte à 100%, si l’on se réfère à d’autres sources. Toutefois, les différences sont minimes.)

     Le 14 janvier 1789, Louis XVI adresse sa lettre de convocation pour le 1er mai 1789. (Lettre à lire dans la catégorie : « un peu d’histoire, lettre de Louis XVI. ») Les élections ont lieu dans la foulée.

****

      Le 1er mai 1789, tous les députés sont à Versailles. La noblesse et le clergé sont reçus en grand apparat. Pas le tiers état…

     Le 5 mai 1789 les 1139 députés franchissent les portes de la salle des trois ordres. Après le discours d’ouverture prononcé par l’évêque de Nancy, Necker prononce un discours au nom du roi. Durant trois heurs, il fera prendre conscience aux députés que les finances sont désastreuses, que la situation en France est plus confuse qu’on ne le pensait et que le gouvernement est complètement désorienté.

      Rapidement, les premiers désaccords s’installent sur la manière de voter. La noblesse et le clergé veulent voter par ordre, (pour garder la majorité) et le tiers état veut, non seulement, le vote par tête, mais il veut aussi que les débats aient lieu en commun (alors qu’habituellement, chaque ordre délibérait séparément).

     Le 10 juin 1789 le tiers invite les 2 autres ordres à les rejoindre. Certain, comme Lafayette, le feront.  Sur la motion de l’abbé Sieyes, le groupe, ainsi constitué, se proclame le 17 juin 1789, Assemblée nationale. On est en train d’assister à la suppression des ordres face au roi.

     Le 19 juin 1789, le clergé avec une forte minorité de curés proches des problèmes des paysans, rejoignent le tiers état.

     Le 20 juin 1789 le roi fait fermer la salle de réunion du tiers. Qu’a cela ne tienne ! Ils en trouvent une autre, une salle de jeu de paume… C’est là qu’ils feront leur serment. (Voir l’article : serment du jeu de paume, dans la catégorie : un peu d’histoire.) Ils s’engagent à ne pas se séparé avant d’avoir donné une constitution à la France.

     Le 23 juin 1789, lors d’une séance royale, Louis XVI ordonne qu’ils siègent en chambres séparées. La noblesse et le haut clergé obéissent. Le tiers état et le bas clergé restent. Le marquis de Dreux-Brézé leur demande, au nom du roi, de partir Bailly, doyen de l’assemblée, lui répondra : «  Je crois monsieur que la nation assemblée n’a d’ordre à recevoir de personne », a la suite de quoi Mirabeau aurait dit : « Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes. » (Si cette phrase a été dite, ce qui n’est pas sur, elle ne le fut certainement pas  par Mirabeau.)

Soutenu par le clergé et une cinquantaine de nobles, le tiers résiste.

     Le 27 juin 1789, Louis XVI invite les 3 ordres à débattre ensemble.

La mèche est allumée.

     L’assemblée reprend sa marche en avant.

     Le 9 juillet 1789 elle se proclame :Assemblée Nationale Constituante.

b.G

 

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Commentaires (2)

1. Nora 27/02/2011

[b][/b]La lettre de convocation des Etats généraux à Versailles, date du 24 janvier 1789.

2. Nora 27/02/2011

[b][/b]Louis XVI voulait convoquer ces États généraux pour le 27 avril 1789.

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