Une courte vie hors du commun pour un enfant roi.

     Louis charles naquit le 27 mars 1785 à Versailles. Il était le troisième enfant de Louis XVI et de Marie Antoinette et le deuxième fils du roi.

     Marie Thérèse était née en 1778 et Louis Xavier Joseph en 1781. La cadette, Sophie, viendra au monde en 1786 et décèdera avant le terme de sa première année. 

     Louis charles fût titré, dès sa naissance, Duc de Normandie.

     Il deviendra dauphin le 4 juin 1789 à la mort de son frère aîné, Louis Xavier Joseph.

     En ce qui concerne le jeune Dauphin, c'est, à mon sens, Alcide-hyacinthe du Bois de Beauchesne (1804-1873), gentilhomme de la chambre du roi sous Louis XVIII, qui dans son ouvrage : "Louis XVII sa vie, son agonie et sa mort, (1852) parle le mieux de Louis XVII". Comment était-il physiquement et moralement ? Voici ce qu'il en dit :

     "Sa taille était fine, svelte, cambrée. Sa démarche pleine de grâce, son front large et découvert, ses sourcils arqués, grands yeux bleus, son teint d'une éblouissante pureté, ses cheveux d'un blond cendré bouclaient et descendaient en long anneaux sur ses épaules. La bouche vermeille et une fossette au menton, faisait que l'on retrouvait dans sa physionomie quelque chose de la dignité de Marie-Antoinette et de la bonté de Louis XVI."

     Il était : naïf, gai, vif, têtu et volontaire. Il avait la répartie prompte et un goût prononcé pour tout ce qui tenait au militaire et à l'étude. D'ailleurs, lorsqu'il était aux tuileries, il apprit l'Italien parce que sa mère le parlait. Il apprit tellement vite, qu'il pu très rapidement lire Télémaque dans cette langue et de faite, converser avec sa mère (il n'avait pas sept ans). Quand il était à Versailles, il aimait se lever tôt, cueillir des fleurs et déposer le bouquet sur la toilette de sa mère. Mais il savait, aussi, être beaucoup plus grave. Un jour ou il était seul avec son père, un maçon lui dit : " Sais-tu bien que la liberté nous a rendu tous libres, que nous sommes tous égal ?" Ce à quoi l'enfant répondit :  "Egal  tant que vous voudrez, puis en regardant son père, il ajouta, mais ce n'est pas ici que vous nous persuaderez que la liberté nous a rendu libre."

     La famille royale, et donc le petit prince, entra au temple le 13 août 1792 à 7h du soir. Louis XVII avait 7 ans 4 mois et 17 jours. A partir de cet instant, cet enfant, car c'est est un! va connaître la plus "atroce des destinées". Il verra la mort de son père, celle de sa mère, Il sera roi ! Il sera Louis XVII ! et pourtant, l'histoire ne retiendra de lui que le nom de : " L'Enfant du temple". La vie et les hommes ne l'ont pas épargnés, jugez vous-même !

     Louis XVI et Marie Antoinette sont très proche de leur fils, et s'en occupent beaucoup. Pourtant, un mois et demi plus tard, le 29 septembre, est ordonnée la séparation de louis et Antoinette. Le 26 octobre on enlèvera Louis Charles (Louis XVII) à sa mère.

     " Arrêté du 27 octobre 1792... Le fils de Louis Capet sera retiré des mains des femmes, pour être remis et rester entre celles de son père les jours et nuits, excepté qu'après l'heure du dîner il montra dans le logement de ses mère et tante, durant le moment où son père se repose, et en redescendre sur les quatre à cinq heures du soir, le tout sous la conduite et surveillance de l'un des commissaires de service...."

     En novembre 1792 le roi souffrit d'une forte indisposition et la reine demanda que son fils la rejoigne. On lui le refusa. L'enfant tomba malade trois jours plus-tard d'une forte coqueluche. On refusa que l'enfant reçoive les soins de sa mère.

     Le 21 janvier 1793 à 10h 20 du matin, Louis XVII devient roi de France. Son oncle, Louis-Stanislas-Xavier, Conte de Provence, fait une déclaration le 28 janvier depuis Hamm, en Westphalie.

     " Nous déclarons que le Dauphin Louis-Charles, né le vingt-septième jour du mois de mars 1785, est ROI DE FRANCE ET DE NAVARRE, sous le nom de Louis XVII, et que par droit de naissance, ainsi que par les dispositions des lois fondamentales du royaume, nous sommes et serons Régent de France durant la minorité du Roi notre neveu et seigneur......

Ce 28 janvier de l'an 1793, et du règne du Roi, le premier."

     Dès la mort de Louis XVI, la surveillance du "petit Roi" fut très intense. C'est ainsi que Robespierre, le 27 mars 1793, fait bannir tous les Bourbon sauf Marie Antoinette, qui sera jugée, et Le fils Capet qui restera détenu à la Tour de Temple.

     Mai 1793, l'enfant tombe malade. On refuse à la reine de lui envoyer le médecin habituel, Brunyer.

     Le 10 mai 1793, le conseil général de la commune"arrête que le médecin ordinaire des prison ira soigner le petit Capet, attendu que ce serait blesser l'égalité que de lui en envoyer un autre."

     le 11 juin 1793, l'enfant eut une hernie.

     Puis se produit la chose la plus pernicieuse qui soit, et qui va précipiter l'enfant vers sa fin : la rumeur... La rumeur d'un complot destiné à délivrer Louis XVII. Cette rumeur conduit le comité de salut publique , le 1er juillet 1793, à prendre  deux arrêtés. le premier:"... que le fils Capet, serait séparé de sa mère, et place dans un appartement à part, le mieux défendu de tout le local du temple."Le deuxième : "... le fils Capet, séparé de sa mère, serait remis dans les mains d'un instituteur, au choix du conseil général de la commune."

     Ces deux mesures sont mises à exécution le 3 juillet à 10h du soir.

     L'enlèvement de l'enfant fut violent. Quand les municipaux vinrent le chercher, la reine, sa fille, et sa belle soeur s'opposèrent à ce qu'il leur soit arraché. L'enfant roi suppliait : "maman,maman, ne me quittez pas" Les municipaux (ils étaient six) voulaient faire monter la garde et se mirent à tutoyer la reine qui leur demandait de revoir son fils chaque jour. Elle habilla lentement l'enfant et lui donna des conseils. "souvenez-vous de vos devoirs... N'oubliez jamais le bon Dieu... ni votre mère. Soyez sage, patient et honnête..." L'enfant s'accrochait à ses genoux. "Mon fils, il faut obéir, il le faut." les municipaux furent sarcastique : "Ne vous en inquitez plus, la nation toujours grande et généreuse, pourvoira à son éducation."

     Sur les registres de conseil de temple en date du 3 juillet 1793, le procès-verbal est beaucoup plus... laconique. "Nous observons que la séparation s'est faite avec toute le sensibilité que l'on devait attendre dans cette circonstance, où les magistrats du peuple ont eu tous les égards compatibles avec la sévérité de leurs fonctions."

     Lorsqu'on enlève l'enfant à sa mère, il est malade depuis 3 mois comme en témoignent les mémoires de médicaments fournis au Temple par le citoyen Robert, apothicaire.

     Puis Louis XVII est mis entre les mains de citoyen Simon, 57 ans. Il est rustre, violent, cynique et vicieux. L'enfant reçoit des coups parce qu'il refuse de jouer de la guimbarde. Simon lui fait porter le deuil de Marat, il le prend par les cheveux et lui secoue la tête à la disloquer, ne provocant aucun cri, mais des larmes. Un jour, ayant trouvé l'enfant en prière, Simon lui verse un broc d'eau froide sur son corps et sur son lit. Il le forçait à boire du vin. L'enfant dormait moins, était fatigué et sa santé commençait à dépérir. "On" avait jeté ses cahiers, ses livres avaient servi à allumer la pipe de Simon. ce dernier se faisait servir par l'enfant, se faisait nettoyer et cirer ses souliers. Il alla, même, jusqu'a se faire laver les pieds par le petit prince.

     Simon l'habillera avec l'uniforme des jacobins. Malgré les coups, l'enfant refusera de porter le bonnet. La femme Simon lui coupera sa belle chevelure, disant qu'elle jouait "au jeu du roi dépouillé."

     Honteux d'être tondu et abruti par les verres de vin rouge, l'enfant finira par porter le bonnet pour cacher son crâne. Simon le faisait trop boire et trop manger, et faire peu d'xercices, l'enfant prit de l'embonpoint et cessa de grandir.

     Peu à peu, le jeune Louis changeait, son regard était vide, son dos se voûtait, son teint était mat et jaune. 

Simon quitta ses fonctions le 19 janvier 1794.

     On pourrait croire que le supplice est terminé, non ! l'abominable est à venir.

     Louis fut relégué dans une pièce qui était plus un cachot qu'une chambre. Il n'y avait ni feu ni lumière. Ironie du sort ou machiavélisme de ses geôliers ? Le petit Louis XVII inaugura sa nouvelle prison le jour anniverssaire de la mort de son père, 21 janvier 1794.

Pendant 6 mois l'air du ciel n'est pas descendu dans cette chambre.

     Les seuls bruits qu'il entendait étaient ceux des verrous ou des voix , sévères, qui lui donnaient des ordres. Il ne pouvait ni travailler, ni jouer. Il avait 2 repas par jour : "Soupe à l'eau, restes de pain, un morceau de boeuf et une crûche d'eau." Cela lui était apporté à des heures irrégulières. Les changements de garde s'effectuant la nuit, l'empêchaient de dormir car il devait se présenter aux nouveaux gardes. Ne voyant plus la lumière, ses yeux étaient malades et blessés  par la clarté des lanternes.

     Ses draps n'étaient pas changés, pas plus que ses vêtements. Ses forces l'abandonnaient. La... "chambre" fut envahie par les souris et les rats attirés par les restes de nourriture et les mauvaises odeurs.

"La vermine environne de toutes parts l'héritier des rois."

     Ce qui fera dire à Caron, aide de cuisine, qui récupérait la vaisselle : "tout est vivant dans cette chambre excepté celui qu'on y tue à petits coups et que l'on y assassine en détail... ce n'est plus une forme humaine, c'est quelque chose qui végète, des os et de la peau qui bougent."

     Le Dr Le Monnier, médecin du dernier roi, se proposa pour lui donner des soins, cela fut refusé !

     Après la mort de Robespierre, Barras nomme Laurent comme gardien. Il a 24 ans et est originaire de la Martinique.

     La chambre fut ouverte le 31 juillet 1794. Devant l'état de l'enfant, Laurent demande une commission d'enquête. Le corps de l'enfant était couvert de plaies purulentes, de tumeurs, les membres démesurément allongés aux dépens du buste, les ongles des pieds et des mains étaient excessivement longs et durs comme de la corne. Il était couvert de crasse, de vermine et d'araignées noires. Quand on lui demanda pourquoi il ne voulait plus manger, il répondit : "je veux mourrir."

     Laurent fit laver les plaies, enlever la porte, renouveler l'air. Le prince a été transporté sur un lit de fer dans la chambre de son père. Un médecin le soigna. On ne l'appela plus Capet mais : Monsieur Charles. Il pu reprendre des promenades sur le haut de la tour. Il revenait à la vie. Il cueillit de pauvres fleurs qui poussaient entre les pierres de la tour, et en passant, les laissa tomber devant la porte de feue sa mère.

     Le 8 novembre 1794 on donna à Laurent un adjoint : Gomin. Ce dernier fit apporter quatre pots de fleurs dans la chambre et obtint des larmes de L'enfant. Des liens se créèrent entre le prince et Gomin. Gomin lui donna des jouets, des jeux de cartes. Mais le mal faisait des progrès foudroyants, le physique se dégradait. (Il avait des tumeurs aux articulations) Il ne parlait à personne, sauf à Gomin qui le distrayais et le faisait lire.

     Le 31 mars 1795, Laurent démissionne, il est remplacé par Lasne. Le 6 mai 1795, un médecin fut, enfin, nommé : Desault médecin-chef à l'Hôtel-Dieu. Il s'avoue impuissant à soigner la tuberculose généralisée qui consume le petit prisonnier. Le 1er juin Desault succombe à une fièvre maligne, il est remplacé par le chirurgien Philippe-Jean Pelletan.

     Alors qu'il était mourant, l'enfant roi dit qu'il entendait de la musique et qu'au milieu des voix, il avait reconnu celle de sa mère.

     Lasne, prenant la main du malade, lui demanda comment il allait. L'enfant dit : "j'ai une chose à te dire..." et sa tête tomba sur la poitrine du gardien. Il était deux heures et un quart de l'après-midi le 8 juin 1795.

     Louis le dix-septième + à : 10 ans 3 mois 1 jour.

     Le 10 juin 1795, vers 9 heures du soir, avant que ne tombe la nuit, le cerceuil du petit prince est porté à bras d'hommes jusqu'au cimetière Ste-Marguerite, près de la nation. La femme du fossoyeur racontera plus tard : " On le mit dans la fosse commune qui était la fosse de tout le monde, les petits comme les grands, les pauvres comme les riches. Tous y allaient, parce que soi-disant,tout le monde était égaux..."

Si vous avez un commentaire, surtout... n'hésitez pas.

b.G

Suite de l'article : Mort au Temple ou pas ?

                                                 Aller à : L'orpheline du Temple.

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Commentaires (8)

1. Philippe 08/07/2007

Trés bel hommage rendu au petit roi, l'histoire nous rapelle sur quoi c'est fait le monde actuel. La passion à conduit les hommes dans une terrifiante embrasure, dans une insociabilité telle, qu'elle en a oublier le devoir et le respect de la vie.
Je remercie le créateur du site pour son sujet sur l'enfant roi, bravo!
Philippe de Clairville.

2. b.G 08/07/2007

merci pour ces compliments, cela fait toujours plaisir.

3. PATRICIA 15/08/2007

ETANT PROFONDEMENT MONARCHISTE JE SUIS TOUJOURS ATTRISTEE DE LIRE ET DE RELIRE LA FIN HORRIBLE DE NOTRE PETIT DAUPHIN. MAIS AU NOM DE QUEL IDEAL ONT ILS PU MALTRAITER ET TUER AINSI CE PAUVRE ENFANT ? ETAIT IL RESPONSABLE DE LA FUREUR DES HOMMES ET DE LA REVOLUTION QUI FAISAIT RAGE ?

4. Jean de Bon-Sens 08/11/2007

Pouquoi ne pas demander à Rome l'ouverture d'un procès en béatification ? Louis XVII Roi de France a témoigné de sa foi. Il a été persécuté en tant que Roi mais aussi pour sa foi. Il n'y a que la non ouverture du proces dans le laps de temps des 30 ans après sa mort qui peut faire obstacle, mais il y a déjà eu des exceptions comme Jeanne d'Arc par exemple.

5. damien 18/06/2009

Passionné d’histoire et d’archeologie en général et précolombienne en particulier, je suis tombé par hasard sur la dernière lettre de Marie Antoinette. A partir de cet instant je décide de me plonger dans l’histoire de la famille royale et je découvre une partie de l’histoire que j’ai occulté et un destin impitoyable pour toutes ces illustres personnes. Et j’en suis d’autant plus infligé par celui qu’à connu ce petit garcon … j’en suis profondément ému et désolé.
Je ne sais que dire de plus sinon merci pour votre hommage.
DAmien

6. Pilayrou 31/12/2010

Beaucoup de bruit pour rien. La Vérité est ailleurs. Tout esprit sain ne peut que le reconnaitre.

http://louisxvii.blog4ever.com/blog/lire-article-430911-1881990-louis_xvii.html

7. CHLISTEUR 19/04/2012

Comment un pays peut-il ne pas avoir honte d'avoir fondé sa République sur l'abandon et l'injuste souffrance infligée à un enfant. Il a été éloigné de sa mère puis maltraité, laissé sans soins et enfermé dans des conditions abominables. Quelle honte !! Honte à nous, honte à la République !

8. Sophie (site web) 15/05/2012

Pilayrou,

Tout esprit sain ne peut reconnaître dans ce site que vous proposer qu'un tas de spéculations qui s'il peut contenir par pure chance un peu de vérité dans les prémisses ne sauraient raisonnablement soutenir la délirante conclusion.

Que certains se sentent obligés de torpiller les thèses survivantistes, je ne vois pas pourquoi, parce qu'un prince doit se présenter pour régner et que la descendance de Ls XVII, s'il y a, ne menace pers. Même si un hyp. prince était installé alors qu'il existe une descendance cachée de Ls XVII, IL serait dans son Bon Droit. Alors inutiles de combattre les rêvasseries de quelques-uns par de telles absurdités.

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