Les causes de la révolution

1789 pourquoi ? 

      En 1789, les Français aiment et respectent le roi. Il est considéré comme le père des Français. Mais ce que veulent les  Français est  une réforme profonde de l'Etat, et ce, dans un climat pacifique. Dans son immense majorité, le peuple n'imagine pas une révolution où le sang coulera à flot et il ne veut pas l'abolition de la monarchie…. Juste une réforme.

     La Révolution française commence en 1789 avec la réunion des états généraux et se termine avec le coup d'Etat du 18 brumaire de Napoléon Bonaparte.  C'est là un moment fondamental de l’Histoire de France. La France passera d'une monarchie absolue à une monarchie constitutionnelle puis à la première République. La Révolution française mit fin à  la société d'ordres et à tous les privilèges. Elle proclama l'égalité des hommes devant la loi, les libertés fondamentales et la souveraineté de la Nation, apte à se gouverner au travers de représentants élus.

     La monarchie absolue de droit divin ne s'est pas faite d'un claquement de doigts. Ce sont les règnes d'Henri IV et de Louis XIII qui l'ont préparée peu à peu. Louis XIV n'eut plus qu'à finaliser le processus. Pourquoi et comment ? (Il faudrait pour cela revenir sur le règne de Louis XIV et ses motivations, et ce n'est pas le propos ici, peut-être dans un autre article.) Mais l'on peut, quand même, s'arrêter sur ce qu'est une monarchie absolue de droit divin. S'il y a "monarchie," il y a un roi à la tête de l'état. Si elle est "absolue," c'est que le roi a tous les pouvoirs. De "droit divin" c'est la légitimité que se donne le roi. Et s'il peut régner sans partage sur tout un peuple, c'est que Dieu l'a choisi. Il n'a de compte à rendre qu'à Dieu. Ce qui ne lui donne pas le droit de faire n'importe quoi.

     Pendants les règnes de Louis XV et Louis XVI plusieurs ministres tentèrent de réformer la fiscalité en imposant les nobles. Les parlements étant dominés par la noblesse, la résistance était forte.

     De plus, il y avait un gouffre financier pour le trésor Français, qui s'appelait : La guerre d'indépendance américaine. En premier, ce fut la fourniture et matériel et l'aide en faveur des insurgés (1776) Puis la guerre officielle (1778) et ceci dura jusqu'au traité de Paris de 1783, pour un coût exorbitant  de plus d'un milliard de livres tournois. (Pour info 1 livre tournois ferait de nos jour, environ, je dis bien… environ 8 euros.) Cela s'ajoute à la situation catastrophique des finances de la France. A cette époque plus de 80% des recettes de l'Etat sont absorbé par le service de la dette.  L'état est obligé de maintenir un niveau élevé d'impôts et de taxes sur la population du tiers. Ce dernier, supporte, pratiquement, toute la ponction financière. La preuve en est : de nombreux cahiers de doléances venus des provinces, sont unanimes, et démontrent la lourdeur et la répartition de l'impôt. La noblesse et le clergé sont exemptés d'impôts, et défendent leur privilère. Ils accentuent même les droits seigneuriaux. La banqueroute guête la France. Les ministres, les uns après les autres, essaient de réformer le système d'imposition. Ce ne sont que des échecs. Plus personne ne veut prêter d'argent au roi. Les emprunts s'élèvent à "un milliard six-cent quarante six millions, pour un déficit annuel de cent quarante millions de livres." n'ayant plus d'emprunts possible, l'assemblée des notables approuve l'établissement des assemblées provinciales, une réglementation du commerce du blé et un nouvel impôt sur le timbre... Et on en reste là !

   A la suite de quoi, les protestants sont rétablis dans leurs droits. Louis XVI promettra une publication annuelle de l'état  des finances du royaume, et de convoquer les états généraux dans les cinq ans. Nous sommes en 1787.

     Le pouvoir politique n'est plus en "phase" avec la réalité économique. Alors que la bourgeoisie possède une part croissante de la richesse et des moyens de production, le pouvoir est exercé par une minorité d'aristocrate. Les bourgeois réclament des responsabilités politiques. L'organisation de la société française reste statique : Noblesse, Clergé, Tiers Etat. En l'an Mil, c'était : Le seigneur, le prêtre, le paysan ! CQFD ! 

 

     La noblesse, écartée du pouvoir sous Louis XIV, ne pense qu'à une chose : Revenir aux affaires. Et de plus, cette noblesse à besoin d'argent.  Elle n'a pas le droit d'exercer un grand nombre d'activité économique. (Sinon, le noble, perd sa noblesse. Cela s'appelle : "déroger") La rente de la terre stagne, mais les frais de représentation (costumes, carrosses etc…) augmentent considérablement. Cette noblesse s'accroche à ses anciens privilèges et exige  le paiement de taxes féodales tombées dans l'oubli. Elle s'attribut, illégalement, l'exploitation de terres non cultivées où le paysan pauvre laissait paître quelques bêtes. Ceci est très mal vécu par les paysans  qui demandent l'abolition des droits féodaux.      Le Clergé n'est pas épargné. L'église perçoit un impôt : la dîme. Les évêchés laissent aux curés, pour qu'ils puissent vivre, ce qu'on appelle, la portion congrue. (la part suffisante) Mais la réduction de cette portion congrue était telle, que les prêtres se retrouvent bien souvent plus pauvres que leurs paroissiens, et comprenaient mieux les préoccupations des ces derniers. Les curés tentent, vainement, de se faire entendre, mais l'épiscopat ne veut rien savoir.      Et puis, la  philosophie dite : des lumières, a fait son chemin dans les esprits  de la société française. Les Français regardent vers la constitution des Etats-Unis de 1787, et vers l'Angleterre, où depuis les deux révolutions de 1640 et 1680, le pouvoir du roi est limité, ils regardent vers l'Angleterre qui est une monarchie parlementaire. Ils ont en tête les écrits de Montesquieu (1689-1755) qui, critiquant  les institutions politiques proposait la séparation des pouvoirs. Et les écrits de Jean-Jacques Rousseau, philosophe Suisse, (1712-1778) qui "pensait" à une démocratie où tous les citoyens seraient égaux. Se sont leurs ouvrages qui firent prendre conscience que le pouvoir ne pouvait pas être détenu par une seule personne, mais que tous les citoyens avaient le droit de leurs opinions.

Toutes les conditions requises étaient réunies, tous les feux étaient au vert…………

b.G

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Dernière mise à jour de cette rubrique le 31/08/2007
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