Si vous avez lu la rubrique : "l'Enfant du Temple," vous savez que Louis XVII est décédé le 8 juin 1795. je qualifierai sa mort de : "misérable." Pourtant, il faut remonter un petit peu dans le temps. C'est donc à partir de janvier 1794 que plus personne de son entourage ne pu l'approcher. A cette époque, il fut "isolé" parce que la rumeur d'un complot pour le faire évader, courait. Cet isolement laissa planer un mystère, d'autant que l'enfant qui fut présenté à Barras, au lendemain de l'exécution de Robespierre, était à demi muet, rasé et à vrai dire : méconnaissable.
Une autre rumeur succéda à la première : " Celle que le petit prince s'était évadé du Temple. Il n'était pas compliqué de poursuivre en affirmant que le corps enterré au cimetière Ste Marguerite, n'était pas le sien. Pour certain, Louis XVII ne serait pas mort en 1795, mais dans les premiers jours de janvier 1794. C'est à cette occasion que Simon aurait été révoqué, et que Louis XVII aurait été remplacé par un enfant qui, lui, serait mort en 1795. La sœur de Louis XVII, Madame Royale, qui sera rendue à l'Autriche le 19 décembre 1795, à l'âge de 17 ans, laisse aussi planer le doute par son attitude, assez étrange, et de la manière dont elle parlera de son "petit voisin" dans ses mémoires.
Alors… L'enfant mort le 8 juin 1795 était-il Louis XVII ?
Le corps fut autopsié, puis inhumé au cimetière Sainte-Marguerite. Il fut recouvert de chaux vive, les ossements n'ont jamais été retrouvés. L'histoire du cœur. *
"Au cours de l'autopsie, le docteur Philippe-Jean Pelletan, médecin de Louis XVII à la Prison du Temple, prélève le cœur du jeune enfant mort. Il le conserve dans de l'esprit-de-vin (alcool éthylique) dans une urne de cristal. Dix ans plus tard, tout l'alcool présent dans l'urne s'est évaporé. Il montra son "pieux larcin" à son assistant qui le lui vola; le cœur sera restitué au docteur Pelletan à la mort de son assistant. Il voulut le confier à Louis XVIII qui le refusa. Le cœur est alors confié à Mgr de Quelen, archevêque de Paris. Fin juillet 1830, le cœur est pris par un des insurgés lors des événements de Juillet. L'urne renfermant le cœur se brisa et le cœur fut perdu dans la cour de l'archevêché. L'insurgé conserva les documents accompagnant le cœur et sut à qui le cœur appartenait. Il décida d'avertir le docteur Pelletan de la perte du cœur. Ils cherchèrent alors le cœur dans la cour de l'archevêché. Ce dernier fut retrouvé par Philippe-Gabriel Pelletan, le fils de Phillipe-Jean Pelletan qui était également médecin; il le reconnut (grâce à l'odeur et la couleur) et le plaça dans une urne identique. À la mort de Philippe-Gabriel Pelletan, en 1879, le cœur entre en la possession de Prosper Deschamps, ami de Pelletan. A sa mort, le cœur passe entre les mains du fils de sa femme, Edouard Dumont. Le roi don Carlos d'Espagne accepta le cœur car il était le plus proche parent des Bourbons. Celui-ci lui est confié en 1895 à l'occasion du centenaire de la mort de Louis XVII. Le cœur entre en la possession de l'infant Jaime, qui le donne à sa sœur, la princesse Massimo. Celle-ci l'emporte à Vienne. En 1938, la princesse Massimo et sa fille quittent l'Autriche pour l'Italie avec le cœur. En 1975, le cœur revient en France et est placé au Mémorial de France à Saint-Denis. En 2000, Philippe Delorme demande à ce que des analyses ADN soient réalisées sur le cœur. Ces analyses furent réalisées par les laboratoires de recherche génétique de Belgique et d'Allemagne". Les analyses démontrent qu'il appartient bien à un descendant de Marie-Antoinette. Ajoutez à cela, la longue et précise étude historique menée par Philippe Delorme, ** sur "l'énigme Louis XVII", et qui confirme que le cœur est bien celui prélevé sur le cadavre de l'enfant du Temple, et vous avez les éléments principaux, ô combien important, permettant de conclure qu'il s'agit bien du cœur de Louis XVII. Scientifiquement, la succession est close. ***
Malgré tout, la rumeur (encore elle) selon laquelle le Dauphin se serait évadé du Temple s'étant répandue, de nombreux faux Dauphins (plus d'une centaine) se firent connaître. Le plus connu est, et reste : Karl-Wilhelm Naundorff. Prussien et horloger de son état, il fait son apparition en 1833 et prétend être Louis XVII. Pourvu d'un grand charisme, il se fait accepter et reconnaître par bon nombre. Et tous sont certains de se trouver devant Louis XVII. Un femme de chambre de l'enfant du Temple, madame de Rambaud, reconnaît Naundorff, car il porte, paraît-il, la même cicatrice en forme de triangle que Louis XVII. Outre qu'il y ait des lacunes dans le récit de son évasion de la prison du Temple, Naundorff ne parle pas le Français. Il réclame son héritage et se fait expulsé de France en 1836. Hors de France, il se fait reconnaître comme le vrai Louis XVII par le roi des Pays-Bas. Il décèdera le 10 août 1845 à Delft en Hollande. On peut lire sur sa pierre tombale : "Ici repose Louis XVII […] roi de France". En 1950 il est exhumé pour prélever une mèche de cheveux et son humérus droit afin d'établir s'il a été empoisonné ou pas. Les restes sont gardés dans un laboratoire Hollandais. En 1993 autorisation est donnée aux scientifiques de Nantes et de Louvain d'utiliser ces prélèvements. L'ADN de Naundorff est comparée à l'ADN de membres de la famille maternelle de Louis XVII. Les résultats sont sans appel. Les ADN sont très différent. Il est donc certain, que Naundorff n'est pas Louis XVII.
Aujourd'hui encore, sa descendance prétend faire partie de la famille Bourbon. Qu'en est-il exactement ? Charles Louis Edmond de Bourbon Charles XII actuel prétendant né en 1929. Épouse en 1986 Renée Paulette Divoux Charles de Bourbon se présente comme "Son Altesse Royale, le prince Charles de Bourbon, comte de Poitiers, de jure Roi Charles XII de France". "Titre" qui lui est d'ailleurs contesté par l'un de ses cousins, chef de la branche canadienne de la descendance de Naundorff. Les prétentions de M. Charles de Bourbon sont contestées à plusieurs titres. Tout d'abord, par l'invraisemblance, soulignée par la plupart des historiens, des allégations de son ancêtre, Karl Wilhelm Naundorff, horloger prussien qui n'a jamais apporté aucune preuve tangible de ses origines royales. Ensuite par l'analyse génétique du cœur de l'enfant mort au Temple en 1795. (voir plus haut) Enfin, quand bien même Naundorff aurait été Louis XVII, son héritier actuel, M. Charles de Bourbon, né avant le mariage religieux de ses parents, de même que le fils de celui-ci, Hugues - né d'une liaison extraconjugale de son père -, seraient frappés de fait par les anciennes lois successorales d'incapacité dynastique. Notons par ailleurs qu'après une plainte du prince Xavier de Bourbon-Parme et du duc de La Rochefoucauld, M. Charles de Bourbon a été condamné par la Cour d'Appel de Paris en 1954 à l'interdiction de prétendre appartenir à la Maison de Bourbon.
* Texte pris sur l'excellent site : louis17.ifrance.com ** Voir :chez.com/louis17/ Site de Philippe Delorme. Tout y est sur le sujet et sur l'auteur. C'est du sérieux. *** Lire l'article de Catherine Vincent, Le Monde du 21/04/2000 b.G Retour à : L'Enfant du Temple. Aller à : L'orpheline du Temple. Le coeur dans son urne de cristal.

1. muriel Le 23/07/2007 à 21:03
2. PATRICIA Le 15/08/2007 à 18:10
L' ANNUAIRE DE BOB
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